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NoG7 : l’AJP, la CGDM et la LSDH-GE dénoncent les exactions commises lors de la manifestation du 14 juin

À la suite de la manifestation NoG7 du 14 juin, l’AJP, la CGDM et la LSDH-GE interpellent les autorités genevoises sur les graves atteintes aux droits fondamentaux des manifestant·e·x·s et exigent l’ouverture d’une enquête réellement indépendante.

Au lendemain de la manifestation autorisée NoG7 du dimanche 14 juin 2026, nos trois associations – l’Association des juristes progressistes (AJP), la Coordination genevoise pour le droit de manifester (CGDM) et la Ligue Suisse des Droits Humains – Genève (LSDH-GE) – avons adressé une lettre à la Conseillère d’État pour dénoncer les exactions commises sous sa responsabilité.

Dans le prolongement de notre alerte de mai, nous constatons que nos craintes se sont concrétisées. Bien qu’autorisée à la suite de nombreuses concessions de la coalition NoG7, la manifestation a donné lieu à plusieurs mesures contraires aux principes de légalité, de nécessité et de proportionnalité : blocage de rues et déviation des transports publics, interpellations sans motif assorties de photographies systématiques et de saisies d’objets, barricadage du quai Wilson au mépris de l’accès des secours, séparation forcée des blocs, et usage excessif de gaz lacrymogène et de canons à eau.

Nous insistons surtout sur les nasses de fin de manifestation : des centaines de personnes – dont des familles, des personnes vulnérables et des passant·e·s – ont été empêchées de quitter les lieux pendant près de dix heures, dont au moins quatre sans eau ni accès aux toilettes, sans information sur les motifs ni les bases juridiques. Cette « rétention provisoire », selon les termes des autorités, ne repose sur aucune base légale connue et constitue une détention arbitraire intolérable dans un État de droit, d’autant que les dégâts matériels sont eux-mêmes qualifiés de « minimes ».

Nous posons cinq questions précises aux autorités, portant notamment sur les bases légales des photographies et du barricadage, sur les ordres relatifs aux nasses, sur les matricules des agent·e·x·s présent·e·x·s et sur les instructions données aux polices d’autres cantons. Condamnant un usage de la contrainte inutile et disproportionné, qui engage la responsabilité pénale des agent·e·x·s comme celle de l’État, nous sollicitons une enquête réellement indépendante, qui ne saurait se limiter à celle de l’IGS.